Astronomie urbaine : Le retour des étoiles

Coucou, tu veux voir ma lune ?

Oui, il est encore possible d’observer les astres en ville. Certes, la pollution lumineuse y couvre le ciel de son drap laiteux, mais la Lune, les planètes et quelques étoiles arrivent sans peine à le percer. Cela demande souvent quelques minutes à nos yeux pour s’habituer à l’obscurité et distinguer ces dernières. Elles se comptent par dizaines, ce qui est infime par rapport aux 2000 à 3000 visibles en l’absence de pollution lumineuse, mais suffisant pour tenter de reconnaître les principales constellations (la Grande Ourse, Orion, Cassiopée, etc) ou simplement s’émerveiller en pensant à l’immensité dont elles témoignent.

L’astronomie urbaine est aujourd’hui largement sous-estimée. Pourtant, avec de simples jumelles, en ville, on peut observer les cratères lunaires ou les anneaux saturniens. En outre, on trouve encore quelques parcs urbains ouverts la nuit et un peu préservés de la pollution lumineuse, qui permettent une meilleure observation des étoiles.

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Outre les problèmes liés à la trop grande pollution lumineuse, la mauvaise qualité de notre voûte céleste a habitué les urbains à ne plus lever la tête. Notre ciel est un patrimoine culturel que nous sommes en train de perdre. Les étoiles présentent en effet deux usages. Elles servent d’abord à se repérer dans l’espace. La méthode la plus connue est de s’orienter grâce à l’étoile polaire, visible toute l’année, qui permet d’indiquer le Nord, mais d’autres techniques ont également été utilisées au cours de l’histoire, se basant notamment sur le mouvement des étoiles pendant la nuit. Les étoiles servent également à raconter des histoires. Regroupées en constellations, elles sont le témoignage et l’illustration d’une mythologie.


La constellation d’Orion, facilement repérable en hiver, représente ainsi un chasseur présomptueux. Il fut tué par un Scorpion, envoyé par la déesse Artemis après qu’il l’a agressée sexuellement. La constellation du Scorpion, quant à elle, se lève en été et remplace Orion dans la voûte céleste.


Ainsi, en permettant l’orientation et en romançant la ville, les étoiles participent à une certaine urbanité.

Ces usages sont pourtant de plus en plus méconnus. De la même manière, les phénomènes astronomiques, tels les étoiles filantes, ont tendance à être présentés comme des événements exceptionnels voire légendaires alors qu’il est aisé d’en observer tout au long de l’année !

Pour un urbanisme étoilé

Le ciel appartient à tous. À la portée de chacun, il est un Commun et par essence un élément rassembleur de notre société. La bonne qualité de la voûte céleste semble alors de la responsabilité des pouvoirs publics.

La disparition progressive des étoiles et de notre culture céleste suit l’augmentation de la pollution lumineuse, induite par les éclairages publics, les vitrines, les bureaux, et les espaces publicitaires. L’arrivée prochaine des éclairages LED, qui permettront certes de réduire considérablement la consommation électrique, va encore détériorer la qualité de nos ciels, par une mauvaise gestion de la diffusion de la lumière. Cette pollution lumineuse a en outre des conséquences néfastes sur les écosystèmes urbains et nos cycles du sommeil. On constate cependant un conflit entre les effets négatifs de l’éclairage public sus-cités et sa participation à un relatif sentiment de sécurité en ville une fois la nuit tombée.

En limitant l’éclairage public après une certaine heure, en installant des dispositifs ne permettant pas la diffusion de la lumière vers le ciel et en luttant contre les éclairages commerciaux il est possible de réduire la pollution lumineuse sans perturber l’appropriation des espaces publics. Ces mesures, motivées par des bénéfices économique et écologique, permettraient d’améliorer la qualité du ciel nocturne et de donner la possibilité aux urbains de renouer avec la voûte céleste.

L’Association Nationale Pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturne a mis en place un système de labellisation des Villes et villages étoilés récompensant les communes concourant à prévenir et limiter les nuisances lumineuses sur leur territoire. On cite de nombreuses petites et moyenne communes, mais aussi Strasbourg, qui ont su mettre en place de bonnes pratiques pour lutter contre le phénomène de pollution lumineuse.

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Une réflexion sur “Astronomie urbaine : Le retour des étoiles

  1. Pingback: La noëlisation de l’éclairage des villes est-elle un service public ? | Urbavengers

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