Urbanisme transitoire : les friches évènementielles

Premier octobre, ça y est l’été est fini et peu à peu se ferment les friches évènementielles telles que Ground Control ou le 88 (rue Ménilmontant) qui ont permis aux bobos et hipsters parisiens de prendre le soleil sur des chaises dépareillées, sirotant une bière bio entre deux parties de mölky ou d’échecs géant.

Ces friches évènementielles fleurissent et rythment les étés urbains européens depuis quelques années maintenant ; certains médias allant jusqu’à recenser les friches les plus tendances de l’été. Ce phénomène d’occupation temporaire de friches semble récent mais s’inscrit en réalité dans le sillage de pratiques alternatives, squats d’artistes et festivals undergrounds, existant depuis une quarantaine d’années. L’évolution n’est donc pas à relever dans l’existence de ces lieux mais dans l’appropriation de ces formes temporaires d’occupation par les acteurs urbains publics et privés et leur ouverture à un plus large public. Dans quelle mesures ces lieux participent donc à transformer l’espace urbain à différentes échelles ?

Transformer les modes d’occupation :  normalisation et commercialisation des friches

L’occupation de friches urbaines et de bâtiments vides ou désaffectés a longtemps été le fait de pratiques illégales ou para-légales, car il n’existait pas de législation ou de jurisprudence spécifiques. Puis, peu à peu, ces lieux ont fait l’objet d’une normalisation par les pouvoirs publics. Ainsi, la mairie de Paris a développé des procédures permettant de contractualiser et légaliser les collectifs de squats artistiques. Cette stabilisation des activités et la sortie d’un statut d’occupation précaire exige en retour une mise aux normes des bâtiments et une déclaration d’occupation obligeant les collectifs à se doter d’une personnalité juridique, à l’image du 38 rue de Rivoli situé sur l’une des plus grandes rues commerçantes de la ville. On assiste, dès lors, à une professionnalisation de certains opérateurs et collectifs d’artistes.

Dès lors, ces formes d’occupations temporaires sont progressivement instrumentalisées au sein des politiques de développement urbain et font l’objet d’une appropriation par les propriétaires ou acteurs publics et privés de l’immobilier. De plus en plus de ces occupations sont programmées pour éviter que les friches, espaces à la marge de la production urbaine, ne produisent ou soient accaparés par des marginaux. On assiste donc à une normalisation des modalités d’occupation temporaires qui prennent de moins en moins la forme de squats d’habitats ou mêmes d’artistes mais celles d’intermèdes urbanistiques ouverts à un large public pour des évènements festifs ou évènementiels définis sur une durée limitée entre deux modalités d’occupation a plus long terme. Pendant ce temps, de nouveaux opérateurs de l’immobilier, spécialisés dans l’urbanisme ou l’évènementiel, se spécialisent comme gestionnaires de projets éphémères.

Le 88 rue de Ménilmontant est un bon exemple : un bâtiment désaffecté, ne connaissant aucun repreneur, y était occupé depuis 1999 par « La Miroiterie », un collectif d’artistes engagés proches des mouvements anarchistes organisant de temps à autres concerts et journées portes ouvertes. Racheté en 2009 par un promoteur qui le revendit ensuite au promoteur public Paris Habitat, le collectif se voyait tour à tour proposer la contractualisation de l’occupation en échange d’une mise aux normes du bâtiment et d’un loyer réduit ou menacés d’expulsion. En 2014, l’un des murs du bâtiment s’effondra, blessant deux personnes et rendant impossible la poursuite de l’occupation du lieu. Après la destruction complète du bâtiment et avant la réalisation de logements sociaux, le promoteur public ouvrit l’occupation de l’espace vacant à la concurrence entre divers projets temporaires. C’est la Bellevilloise, bar-restaurant et salle de concert, situé une rue plus bas qui remporta le terrain et y installa pour l’été un espace temporaire de loisir en plein air.

Si comme la plupart de ces projets, le désormais « 88 » tenu par la Bellevilloise, a repris les codes esthétiques des squats avec un mobilier désassorti composé d’objets bricolés – ou donnant l’impression de l’être -, de matériaux de récupération et d’objet hétéroclites, la place des usages marchands (bières, food-trucks) et des activités ludiques adressées au grand public se fit au détriment des pratiques artistiques plus confidentielles. L’institutionnalisation des formes temporaires d’occupation participe donc à une transformation des pratiques, des usagers et de l’inscription du lieu dans l’espace urbain.

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Au 88 boulevard Ménilmontant. On observe de nombreux objets rappelant l’esprit ludique du lieu : un bac à sable, une décoration d’anniversaire, une table de ping pong et une fresque enfantine. Le matériel de bois comme les palettes ou les poteaux d’électrification rappellent l’essence temporaire et théoriquement brut du lieu tout comme les objets dépareillés de récupération. L’indication d’une sortie de secours ainsi que le logo de la marque de bière grolsch inscrit sur le transat témoigne de l’institutionnalisation de la friche (en partie financée par cette marque).

 

Transformer le lieu, transformer le quartier : gentrification, marketing urbain et ville ludique

Les friches urbaines évènementielles s’adressent donc à une communauté plus large que les squats artistiques ou de logements : ils s’adressent à une population jeune cherchant à mêler expérience ludique et urbaine dans un lieu atypique mais normalisé selon leurs pratiques et codes. L’évolution du prix de la pinte de bière (objet et pratique éminemment urbaine) témoigne de la clientèle recherchée : alors que la Miroiterie proposait des pintes à 2 euros 50, comme de nombreux bars de Ménilmontant, les foods trucks du 88 ne proposaient que très peu de boissons et repas en dessous de 8 euros, bière comprise. Les usagers de ces lieux sont donc souvent dotés d’un capital financier plus élevé et d’une culture urbaine différente des anciens habitués et des populations fréquentant le quartier. Ils ne s’adressent plus seulement à une clientèle de quartier mais attirent des populations qui, bien qu’hétérogènes, proviennent de l’ensemble de l’espace urbain et participent ainsi à une transformation de l’ambiance et de la population fréquentant l’espace local.

Les friches urbaines s’inscrivent donc souvent dans une dynamique de gentrification. S’il s’agit parfois d’un simple catalyseur d’un processus de renouvellement social et commercial de quartiers populaires en faveur de classes moyennes dites « créatives » déjà entamé, le développement de tels projets peut aussi relever de stratégies urbaines publiques et privées de marketing urbain. Les friches événementielles peuvent en effet participer à une politique de « revalorisation » urbaine mais surtout économique de certains quartiers. Les transformations impliquées par les friches évènementielles préfigurent ainsi la transformation non seulement de l’usage du lieu mais également des quartiers et des populations amenées à le fréquenter dans le cadre d’un future projet urbain.

Enfin, la multiplication de ces friches culturelles “officielles” dans les villes européennes est caractéristique de la promotion de l’aspect créatif et culturel des villes. L’institutionnalisation de ces friches va alors de pair avec de vastes projets de marketing urbain et de politiques publiques destinées à inscrire certaines villes à l’échelle internationale comme des « villes créatives » ou « villes ludiques ». Au détriment parfois d’une plus grande diversité culturelle et sociale …

Transformer la façon de faire la ville : les grands voisins, laboratoire urbain temporaire

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Plan des Grands Voisins et des multiples fonctions du site

A l’encontre de cette analyse, je le reconnais plutôt négatif des friches évènementielles institutionnalisées, le caractère temporaire et légal de certaines occupations peut également laisser libre cours à des expérimentations urbaines originales. Ainsi, le site délaissé de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul, dans le 14ème arrondissement, destiné à devenir prochainement un nouvel éco-quartier, est le lieu d’une expérience originale nommée Les Grands Voisins.

Lors de sa désaffection en 2014 et avant sa reprise prévue pour fin 2017, la gestion de ce terrain de  3,5 hectares a été confiée à l’association Aurore, spécialisée dans l’accompagnement de personnes en situation de précarité ou d’exclusion, en coopération avec les associations d’urbanisme et d’aménagement temporaire Yes We Camp et Plateau Urbain, nées dans le sillage de l’institutionnalisation des squats artistiques par la mairie de Paris.  En trois ans, ces associations ont cherché à faire des Grands Voisins un lieu mêlant vocation sociale, artistique, culturelle et ludique tout en promouvant une économie sociale et solidaire.

Dès lors, on observe sur le lieu une très grande mixité des fonctions, des activités et de fait des publics. Les façades des bâtiments ont fait l’objet de réhabilitations artistiques prenant le plus souvent la forme de grandes fresques murales, fruits de professionnels ou d’oeuvres participatives, et donnant un caractère culturel urbain au lieu. Les espaces extérieurs font l’objet d’aménagements plus ou moins innovants pour offrir la possibilité à tous les publics et usagers de pratiquer des activités sportives, d’assister à des films en plein air, de participer à un potager collectif ou bien simplement de s’installer et de profiter de cet espace public. Théoriquement, n’importe qui est en droit de proposer un nouveau projet d’aménagement qui fait ensuite l’objet d’une consultation des usagers mais aussi des riverains, dans une perspective de co-production de l’espace.

Les locaux de plain-pied sont occupés par des activités ouvertes aux publics tels que des cafétérias et cantines, une salle de sport, un amphithéâtre accueillant des universités populaires ou des évènements artistiques, un escape game, une médiathèque et de nombreuses associations ou activités militantes. La plupart des activités s’ancrent dans une approche sociale, solidaire ou écologique à l’instar de la Lingerie, restaurant employant des personnes en réinsertion, la Recyclerie, espace de fripe et de puces, ou du Camping, où l’association Yes We Camp propose des nuitées (un peu chères) dans des cabanes et un camping éco-responsable.

Enfin si l’ensemble du site est considéré comme ouvert aux publics, certains espaces ne sont ouverts que périodiquement à l’instar des galeries et ateliers accueillant des artistes ou des locaux hébergeants quelques 130 entreprises ou associations, une école de sages femmes et un centre de formation aux métiers du web. De même, certains bâtiments sont réservés aux 600 habitants accueillis dans les centres d’hébergement d’urgence ouvert dans les étages.

Ainsi, les friches évènementielles temporaires peuvent également faire l’objet d’un discours sur la façon de faire et de vivre la ville en proposant des visions et des espaces urbains conçus et vécus autrement. Véritable ville dans la ville, la question n’est pas tant de savoir si le projet des Grands Voisins relève de l’utopie urbaine ou de l’urbanisme utopique (non promis ce n’est pas la même chose et ce n’est pas seulement pour l’effet de style) mais de voir dans quelle mesure il peut participer à repenser non seulement l’urbanisme temporaire institutionnalisé mais aussi l’urbanisme lui même.

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Oratoire des Grands Voisins. Sur les murs du bâtiment, des portraits en grand format des locataires relogés par l’association Aurore. L’ancienne cantine de l’Oratoire du bâtiment accueille désormais une galerie d’art et une discothèque (où l’on emprunte des disques). Devant le bâtiment du mobilier urbain en bois conçu par Yes We Camp et de nombreuses plantes comme sur l’ensemble du site. 

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3 réflexions sur “Urbanisme transitoire : les friches évènementielles

  1. C’est assez amusant de voir comment vous pouvez dénigrer un projet le « 88 » que je ne connais pas (je connaissais particulièrement bien la miroiterie et ai été profondément attristé de sa fin), et glorifie « les grands voisins » (que je connais un peu mieux pour y avoir été de nombreuses fois depuis l’ouverture et surtout pour avoir grandi et joué dans ces murs étant enfant).
    Je ne cherche pas à défendre le « 88 » ou à attaquer « les grands voisins », je tiens juste à vous signifier que la question sociale ou démocratique comme « ouvrir à tous » peut être un trompe l’œil. Si la vocation d’Aurore est de faire du « social » au sens de travailler avec des populations en décrochage de la société, la cohabitation au sein des grands voisins avec Yes We Camp ou Plateau Urbain, n’a pas été aisé (il suffit de demander au travailleurs sociaux d’Aurore ce qu’ils pensent de l’expérience les grands voisins). Et SURTOUT elle garde son coté transitoire. Il n’y a pas de participation à la programmation du futur écoquartier en lien avec ce qui se sera passé sur les grands voisins… c’est dommage non?
    À l’inverse la Miroiterie que vous semblez assimiler à une démarche sociale ou démocratique était hautement hermétique au quartier : compliqué pour les enfants, programmation artistique extrêmement éloignée des habitants (j’en étais mais aimais aller m’acoquiner avec cette foule rebelle), violences régulières par excès de « nothing to branle »… bref ce n’était pas aussi rose et « social » que vous pouvez le présenter.

    En fait ce qui me chagrine dans ces analyses qu’on voit fleurir partout sur les réappropriations de friches: boboïsation, oublie des petites gens, appropriation par la sphère politique et économique du phénomène; c’est qu’elle font fi de ce qu’elles font de positif : sensibiliser au réemploi, utilisation de fonds publics et privés pour autre chose que sortir des dividendes aux actionnaires, donner du plaisir aux gens qui y viennent, y faire venir le plus de monde possible (ce qui ne veut pas dire tout le monde).

    J’ai l’impression, et n’hésitez pas à me dire si je me trompe, mais qu’une des choses qui vous dérange semble l’utilisation de la sphère marchande et son activité économique pour faciliter l’appropriation de lieux à l’abandon… mais les squats n’ont-ils pas toujours utilisé la  » fête » pour payer les charges inhérentes à l’exploitation de leur squat? À l’inverse si l’utilisation de l’argent était intrinsèquement mauvaise pourquoi l’art serait-il payant, surtout si les artistes doivent bénéficier d’ateliers gratuits? Je vous taquine un peu et peux moi-même être taquin avec des collectifs qui ont monté des friches évènementielles (moi-même avec La Conciergerie, Labo de Quartier à Nantes), mais il me semble que derrière tout ça, nous en revenons à la sempiternelle guerre des Gauches : Faire CONTRE le système ou Faire DANS le système pour le changer.

    La première option rend malheureux, et frustré de ne voir les choses changer assez vite (je l’ai testée). La seconde nous montre que l’on peut agir à notre échelle, dans un monde qui n’est certes pas celui que l’on souhaiterait, mais elle ouvre des pistes et donne envie à des acteurs « traditionnels » de faire autrement. Et nous rassure dans notre capacité à faire bouger les lignes… après est-ce qu’on se pervertit à trop rester dans le game… peut-être mais au moins on aura pris du plaisir à travailler et de l’assurance à FAIRE.

    Au plaisir d’en discuter !

    • Bonjour,

      Je suis ravie de voir que vous avez assez bien lu pour souligner les problèmes de l’article.

      Je reconnais tout à fait avoir trop distingué le 88 et les grands voisins et un peu trop encensé ce dernier projet, davantage dans l’esprit de valoriser le potentiel d’innovation des friches institutionnelles que par réelle conviction face à la proposition des Grands Voisins. En réalité, ce projet soulève aussi de nombreux problèmes de coopération entre des associations aux vocations et statuts très variées comme vous l’avez signalé : on y retrouve le même processus d’institutionnalisation du squat et de normalisation de l’occupation. Toutefois celle-ci apparait justement pour Aurore une solution pour « faire dans le système pour le changer » car les Grands voisins est l’une des premières friches institutionnelles (et donc légale) à mettre en place l’hébergement de personnes précaires alors que la contractualisation des squats et des occupations temporaires est davantage accordé à des projets artistiques.

      Pour ce qui est du 88, mais je pourrais tout autant parler de Ground Control, Grand train et la plupart des projets développées par la SNCF Immobilier, ce n’est pas tant « l’utilisation de la sphère marchande et son activité économique pour faciliter l’appropriation de lieux » que l’utilisation de la sphère marchande et de l’activité économique pour participer à la transformation sociale du quartier. Car finalement l’appropriation de ces lieux ne se fait pas tant par les habitants du quartier que par des individus issus d’autres quartiers de Paris. C’est sûrement une analyse bien rapide et qui demanderait une véritable recherche et enquête de terrain mais la clientèle recherchée par le 88 (et la Bellevilloise) ne semble sensiblement pas être similaire celle des autres commerces et bars du quartier (par ailleurs déjà très gentrifié). Ce n’est donc pas tant qu’on retrouve sur ces friches des activités économiques qui me dérange mais la montée en gamme impliquée par ces activités économiques comme j’ai tenté de le sous-entendre en utilisant l’exemple du prix de la bière.

      Enfin je considère nullement que la Miroiterie était un exemple de démocratie et d’ouverture, elle s’adressait également à une clientèle spécifique et pas vraiment au voisinage mais elle ne participait pas à une normalisation de celui-ci.

      Merci de cette discussion !

      • Rien à ajouter ! 😉

        Sauf peut-être que la question de la gentrification n’est pas forcément nouvelle. Haussman avait usé de méthodes tout aussi « CSP+ oriented » pour financer sa transformation de Paris : expropriation ou achat à vil prix, puis constitution de grands boulevards à forte qualité d’usage (larges trottoirs pour déambuler et permettre aux terrasses de café de s’étendre, grands sujets plantés pour verdire) et revente des bâtiments à des « notables » à un prix nettement plus élevé… le tout en 20 ans…
        Le livre de Elsa Vivant Qu’est ce que la ville créative? analyse assez finement le phénomène de la gentrification des quartiers OFF et leur transformation en quartiers IN mais ne précise pas de chemin permettant la sauvegarde d’une mixité. Mixité dont elle ne glorifie pas les quartiers OFF.

        Je pense tout de même qu’il convient de faire le distinguo entre comment la « création » rend « bankable » des quartiers, et comment on fait perdurer ou renaitre, si tant est qu’elle est déjà existé, la vie de quartier.
        Pour les friches, il y en aura de nouvelles dont se saisiront les « créatifs »‘. Les restes et les interstices laissés par la société productiviste du 19 et 20ème étaient des friches industrielles et ont permis de préserver, de créer un OFF jusqu’à l’épuisement de celles-ci et leur transformation en quartiers branchés. Les friches à venir seront les quartiers d’affaires des années 80, les immeubles de tertiaire et les zones d’activités commerciales qui ont pullulé et dont on peut déjà dénombrer plus de 3 millions de m2 vacants rien que pour l’IDF ! L’automatisation du travail rendra ces espaces à nouveaux attirants pour les créatifs puisqu’ils deviendront obsolète au développement économique… avant de le redevenir sous une autre forme.
        Pour ce qui est de l’espace social au sens politique du terme, je pencherai plus du coté de l’espace public (qui porte d’ailleurs très bien son nom). Je pense que c’est dans sa conception même qu’il faut penser, insuffler, la rencontre et l’appropriation par le plus grand nombre. Après la question de son financement restera toujours pleine et entière…

        Mais bon on pourrait en discuter des heures.

        Bonne fin de journée

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